L’UMP lance son facebook militant pour les municipales
9 Jan 2008
La fédération numérique avait fait ses premiers pas sur Facebook, elle a désormais son propre réseau social avec UMPnet lancé aujourd’hui même.
Thierry Solère annonce d’emblée la couleur d’un site qui a pour vocation de fédérer les militants et sympathisants online dans la perspective des Municipales.
Le site offre une série de fonctionnalités qui ne sont pas inédites en soi, mais originales dans leur aggrégation et leur utilisation.
Parmi celles-ci, on notera notamment :
- Une plate-forme de réseau social, façon Facebook (en plus dépouillé) qui permet aux membres inscrits d’avoir leur page et de rentrer en contact avec d’autres membres. On notera que le site ne propose pas de passerelles ou de lien apparent avec le groupe officiel sur Facebook créé il y a quelques mois. A titre de comparaison, les sites des candidats américains font tous apparaître des liens directs vers leurs communautés sur les différents réseaux sociaux. Il semble donc y avoir une volonté affichée de la part de l’UMP de rapatrier et fédérer ses sympathisants sur sa propre plate-forme sociale.
- Des espaces de discussion, présentés comme des “ateliers”, sur des thèmes “macro” tels que le pouvoir d’achat ou le Grenelle de l’environnement. Ceux ci n’étant pas ouverts à l’heure où nous écrivons ces lignes, difficile de juger de leur architecture.
- Une fonctionnalité de personnalisation, un must à l’heure des “ME-dia” personnels online : les habitués de Facebook, MySpace ou les utilisateurs de Netvibes ne seront pas dépaysés. On retrouve ainsi sur sa page perso des fonctionnalités type “Wall” (”Mes Petits Mots”) et de messagerie, ainsi qu’ un lecteur de flux rss et des albums photos et vidéos.
- Enfin, l’accent est fortement mis sur la “cartographie” et la géo-localisation. Comme le disent à l’envi les politiques américains, “all politics is local”. On pourrait en 2008 que “la netpolitique est géo-localisée”. C’est en effet une tendance lourde que l’on observe largement aux Etats-Unis en ces débuts de primaire (cf. Google mash-up des candidats à la Maison blanche, ou encore MapMyCandidates de Slate).
Pour autant, inutile de traverser l’Atlantique pour retrouver les origines de cette tendance, déjà émergentes lors de la net-campagne présidentielle française l’an dernier, chez les 3 principaux candidats.
Associez la cartographie aux fonctionnalités du réseau social, et vous obtenez un outil d’auto-organisation décentralisée des militants qui peuvent se coordonner dans le monde virtuel, pour militer IRL (in real life), c’est à dire sur le terrain, dans chaque circonscription visualisable sur la carte.
Pardonnez l’immodestie de votre serviteur, mais on ne va pas se priver en l’occurence de reproduire ici ce que nous écrivions en mars dernier dans un billet intitulé “Net-campagne : le dessous des cartes“ :
”Chacun des trois partis, UMP, UDF et PS, a ainsi mis en place des mash-ups de Google Maps permettant aux militants de s’inscrire directement pour faire connaître une action, rentrer en contact avec des comités voisins, et organiser une réunion ou un tractage par ce biais. Signe des temps, nous assistons sans doute à la première campagne de proximité organisée via des images satellites.
Cet enracinement de la net-campagne ouvre un autre débat que la fièvre de l’immédiat et l’horizon semble-t-il indépassable du 22 avril nous empêchent de percevoir. Ces nouveaux réseaux qui jalonnent le territoire ne disparaitront pas au lendemain du second tour. Ils seront également mobilisés, ou se remobiliseront d’eux-mêmes pour les législatives, et peut-être au-delà, pour les prochaines élections locales.”
“Les prochaines élections locales” : et bien nous y sommes visiblement.

